02 avril 2008

LE STADE DE LA HAINE ORDINAIRE

Le ballon noir

Christophe H. est sorti de l’anonymat. Ce jeune aryen de 37 ans est enfin une vedette. Deux samedi sur trois, dans les gradins du stade saint symphorien de Metz, assez proche des joueurs, juste à l’endroit qu’il faut pour être entendu des joueurs sur la pelouse, il exerce son art.

Comme ces jeunes premiers, multipliant des castings pour avoir les premiers rôles, Christophe H.  aboie, vocifère, insulte, certainement pas pour encourager son équipe, bien sûr que non ! les 10 000 autres spectateurs s’en chargent. Lui, le descendant de la race pure, il ne brigue pas les second rôle. Pour avoir son nom, tout en haut de l’affiche, il a pour cible les joueurs Noirs et les Basanés. Les dribles, les tacles  glissés, les feintes et autre exploits techniques du football  n’ont aucune importance à ses yeux. Il sait pourquoi il est là, traquer la forte pigmentation.

Après les match, il est autant épuisé que les joueurs sur le stade. Mais Christophe n’en a cure, il raconte fièrement ses soirées de match à sa famille, et ils rient en cœur, aux larmes.

Samedi dernier, tout seul, face aux policiers il ne riait plus. Je ne comprend pas, répétait-il. Il regrette son geste ! croyez-vous ? Bien sûr, il regrette le tollé que le comportement du joueur insulté a provoqué. Ah ! ce négro ! Non content d’être noir, il veut maintenir l’ouvrir. S’il n’est pas content, il peut rentré chez lui, là-bas sous les cocotiers. Cette dernière phrase n’est pas de lui, pense t-il doucement devant le policier qui l’interroge. Il l’a souvent entendue à la télé, chez ces cravatés, ces intellectuels et autres…

Ce qui énerve notre Christophe, c’est d’être traité de « pseudo-supporter ». Et ceux de la tribune Boulogne dans le Parc des Princes, ils sont aussi pseudo ? Que son avocat considère qu’il a  des « schémas mentaux un peu simple », il s’en fout, il est tout de même de la race supérieurs. Que son avocat vienne le voir lors des soirées avec l’équipe de France, il aura une autre appréciation de ses schémas. Quand l’équipe de France joue, c’est le summum. Il a l’embarras des insultes, il saute, crie, vomit, insulte, crache. Après, il doit s’offrir une séance de dénazification, il n’est pas fou le Christophe, il a peur de l’overdose mortelle, l’interdiction de stade.

Posté par Nabali à 14:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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