19 mai 2006

Sarkozy en campagne

La visite du ministre de l'intérieur français dans deux pays africains est très riche en enseignements. Ce dernier, dans sa logique de conquête du pouvoir, voulait décomplexer les militants de la droite. Il est clair aujourd'hui, que s'il a véritablement permis de mêler les voix des militants de la droite et de l'extrême droite en France, il a sûrement réussi à décomplexer un certains nombre d'africains.

Je ne voulais pas croire à mes yeux. je voulais certainement sortir de ces mauvais rêves qui vous font réaliser l'impossible. De mémoire d'immigré, je n'avais jamais vu, et surtout jamais entendu des réprésentants d'une ex-colonie, conspuer un ministre français. Cette masse qui ne fait pas foule, que le président Chirac qualifiait de  riante, joyeuse et insouciante, après l'avoir considérée d'inapte à la démocratie, est sortie de sa torpeur. Des pancartes à Bamako condamnant les appels du pied du président de l'UMP aux racistes de l'extême droite, des étudiants Béninois faisant savoir au futur candidat de la droite à la présidentielle qu'il n'était pas la bienvenue, relèvent presque de l'irreél.

Naturellement, en fin politique, Nicolas Sarkozy s'est adressé à son électorat. Il a bien orchestré son Show et les Français ont remarqué son courage et surtout son arrogance. Il faut reconnaître que le ministre a bien choisi ses destinations. Au Mali et au Bénin, la démocratie s'installe, ces deux pays recupèrent progressivement leurs diplomés et ne peuvent plus que fournir des sans grades que la France ne veut plus.

Pourtant, s'il fallait le prendre au mot, en affirmant:"  Il nous faut conjointement chasser les vieux démons du paternalisme, de l'assistanat et du clientélisme. Je souhaite que nos relations avec l'Afrique soient l'une des orientations prioritaires de notre politique étrangère de prise dans son ensemble", le président de l'UMP veut-il rompre les liens du néocolonialisme tissés par De gaulle, et perpétués par Mitterrand et Chirac? Est ce la fin des ministres de la coopération et des bases militaires servant de forces dissuasives pour protéger les dictateurs? Nous disons chiche. Toutefois, il est peut-être intéressant de se souvenir de la communication larmoyante sur la double peine que le ministre de l'intérieur devait supprimer, et qu'il a sournoisement ressorti lors des évènements de novembre dans les banlieues.

Paradoxalement, les mots du président de l'UMP mobilisent dans les rues africaines, mais laissent de marbre la diaspora noire en France. Celle-ci croit peut-être au discours qui affirme que moins il y aura des immigrés en France mieux les autres immigrés seront traités. Cette formule, qui est vieille comme le monde, divise et installe les abus pour tout le monde. Cette forme de lâcheté a eu des conséquences incommensurables dans le passé. 

Posté par Nabali à 21:41 - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires sur Sarkozy en campagne

    Bien Mon cher

    Posté par nono, 14 septembre 2006 à 21:06 | | Répondre
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